Les
cartes à
puce sont partout. Au
cœur de notre consommation
avec la carte
bancaire, dans notre téléphone
mobile avec la carte
SIM, lorsque nous allons
chez le médecin avec la carte
Vitale
ou encore, quand nous nous déplaçons
dans Paris, avec la carte Navigo
de la RATP.
Aujourd’hui,
près de 2 milliards de cartes
à puce sont utilisées
quotidiennement dans le monde. A
l’abri dans nos poches, les
cartes à puce, lorsque nous
décidons de nous en servir,
sont des clés qui nous donnent
accès aux mondes numériques
: le réseau bancaire pour
retirer de l’argent dans un
guichet automatique ou faire un
achat dans un magasin, le réseau
cellulaire pour téléphoner
ou encore le réseau de la
santé pour prendre en charge
un soin médical. Plus qu’une
clé, les cartes à
puce nous représentent
sur ces réseaux. Elles nous
représentent de manière
individuelle, donc unique, avec
notre identité, nos préférences,
nos droits numériques. Bien
que produite par millions, pas une
carte à puce n’est
identique à une autre. Elle
est un véritable reflet
de son porteur, son double numérique
qui lui permet d’accéder
à des réseaux, des
services, franchir des frontières
avec un niveau de sécurité
inégalé.
A
l’heure où les réseaux
numériques tendent à
converger pour former un réseau
unique, la question de la représentation
de l’individu sur ces réseaux
est plus que cruciale. Reconnue
comme l’outil le plus fiable
pour protéger les informations
personnelles et privées,
la carte à puce dispose-t-elle
de tous les atouts nécessaires
pour s’adapter à cette
nouvelle donne ? La représentation
numérique de l’être
humain peut-elle inclure des domaines
de l’intime voire de notre
conscience, de notre religion ?
La carte à puce peut-elle
être notre véritable
miroir ?
Ce
débat est par ailleurs éclairé
sous l’angle sociétal,
sociologique, éthique : modalités
de contrôle et de recours
des citoyens, libertés individuelles,
sécurité & libertés,
protection de l’anonymat,
circulation des données personnelles
en ligne, risques d’interfaçage
des données personnelles
(bancaires, fiscales, médicales,
identitaires,…), risques de
piratage, lecture des puces à
l'insu du porteur (dans les vêtements,
sous-cutanées,…), rôle
des États face aux technologies
porteuses de possibles dérives
liberticides, ….
Bertrand
du Castel dirige
la recherche d’Axalto,
la première société
de cartes à
puce à microprocesseurs
au monde. Il est également
président d’organisations
industrielles de
premier plan (Java Card
Forum, consortium Netword
Card Generation, WLAN Smart
Card consortium).
Enseignant - chercheur en
"Informatique et Société",
Membre de la revue "Terminal"
et du CREIS,
Université Paris
6.
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